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9-Réglages de grand'voile
I- Rappel : anatomie descriptive d'un catamaran
[Voir pour cela le cours 1-Notions élémentaires]
II- Régler la forme de la voile
A- Comprendre le creux de la voile
Le creux de la voile est dû à deux éléments :
- Les coutures qui assemblent les morceaux de la voile mettent en
vis-à-vis des bords curvilignes et constituent ainsi des laizes.
Il en résulte un creux permanent : la voile est creuse avant même d’être
gréée.
- Le guindant n’est lui non plus pas rectiligne : il existe un
rond de guindant. Il est pourtant hissée le long d’un mât
relativement droit. Il en résulte un creux qui n’existe que lorsque la
voile est hissée. Lorsqu’il existe une bôme, le même effet se produit
au niveau de la bordure, qui n’est pas rectiligne (rond de bordure).
B- Dans quel but modifier le creux
La position du creux aura des conséquences de trois ordres :
- Une voile plus creuse sera plus puissante
- Un creux plus près du mât permet de mieux remonter au vent
- La forme et la position du creux influent la direction et le point
d’application de la poussée vélique. Notamment, si le creux est avancé, la
composante de dérive de la poussée vélique sera diminuée.
Il résulte de cela que :
- Par petit temps, on choisira une voile creuse, plus puissante, en se
résignant à un près moins serré.
- Par gros temps, à la puissance sera préférée la capacité à remonter
au vent en diminuant et en avançant le creux.
C- Modifier la forme et l’importance du creux
Ce dispositif permet, à terre, de cintrer le mât en tendant deux câbles qui
s’appuient sur les barres de flèche. Ce faisant, on diminue la rectitude du mât
et donc le creux inhérent au rond de guindant. Le guignol diminue le creux sans
le déplacer.
Il abaisse le point d’amure. Il permet de réduire et d’avancer le creux. C'est le principal moyen que vous utiliserez pour modifier le creux de la voile.
C’est l’occasion de rappeler que le cunningham doit être choqué à terre. Surtout,
il doit être étarqué à fond par gros temps, faute de quoi la voile peut se déchirer au niveau de l'extrémité inférieure du guidant.
Enfin, une précision à l'égard des utilisateurs de dériveurs : sur les catamarans dotés d'une bôme, son point d'attache coulisse sur le mât (il n'y a pas de vit-de-mulet). Le cunningham est fixé sur la bôme et non sur la voile.
Sur les voile avec bôme : en étarquant la bordure, on peut cintrer la bôme
et réduire ainsi le creux inhérent au rond de bordure.
Le rôle de la bordure est amoindri par l’importance des lattes. De plus, les gréments avec bôme sont de plus en plus rares dans la catégorie loisir.
4- Les lattes
On peut, à terre, plus ou moins les forcer dans leur fourreau. Des lattes forcées
impriment un creux plus important à la voile. C’est utile par petit temps,
mais il faudra alors les faire changer de concavité manuellement à chaque changement
d’amure.
III- Régler l’incidence de la voile
L’incidence de la voile par rapport au vent peut être réglée différemment selon la
hauteur.
[Voir pour cela le cours 7- vent réel, vent vitesse, vent apparent]
Le réglage doit découler de l’observation des penons aux deux
hauteurs.
[Voir pour cela le cours 8-Ecoulement laminaire de l'air sur les voiles]
Le
chariot règle l’incidence globale de la voile, tandis que le palan permet de
contrôler le vrillage de la voile. La chute est
verticale lorsque le palan est bordé, le haut de la voile est ouvert dans le
cas contraire. L’erreur commune consiste à régler l’incidence avec le seul
palan, le chariot restant au milieu.
En
plus de l’intérêt dans la propulsion, nous verrons l’intérêt dans les
couples de rotation du bateau.
Remarque : Certains tentent d'utiliser le raccourci suivant : "le chariot règle le bas de la voile et le palan règle le haut" ou inversement. Et personne n'est d'accord. Naturellement cela n'a pas de sens car cela dépend de l'incidence de la voile. Sur une voile très vrillée (palan très choqué, au largue par exemple), le fait de border le palan aura pour effet principal de ramener le bas de la voile au milieu, tout en laissant le haut choqué dans une premier temps. Au contraire sur une voile déjà relativement plate (au près par exemple), le palan tendra à l'applatir encore plus, et donc n'aura d'effet que sur le haut de la voile. Seule la réflexion permet donc de résoudre le problème, et non les automatismes.
On peut régler la longueur des haubans, et modifier ainsi l’inclinaison du mât,
appelée quête. Lorsque les haubans sont raccourcis, le mât est ramené vers
l’arrière, sa quête est supérieure, et le bateau devient ardent.
Inversement, le bateau devient mou lorsque les haubans sont rallongés.
C’est l’occasion de rappeler que les focs des Hobbie 16 doivent être hissés à
fond, [Voir pour cela le cours 17-Conseils divers, Mauvaises rumeurs...] .
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