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I- Définitions
On appelle vent réel le mouvement de l’air
par rapport au plan d’eau. C’est le vent que l’on perçoit depuis une
position fixe.
On appelle vent apparent le mouvement de
l’air par rapport au bateau. C’est
le vent apparent qui propulse le catamaran.
Le vent vitesse est le vent que perçoit
un véhicule en mouvement dans un air figé. Il est strictement opposé à la
vitesse du déplacement. C’est le déplacement du plan
d’eau par rapport au bateau.
Ainsi
le vent apparent, celui que l’on perçoit sur un bateau en mouvement, et qui
le fait avancer, est-il la somme vectorielle du vent réel et du vent vitesse.
Dans l'esprit du théorème de Chasles je vous soumets cette formule "maison" : le déplacement du vent par rapport au bateau est la somme du déplacement du vent par rapport au plan d'eau et du déplacement du plan d'eau par rapport au bateau.
- Dans le cas d’un bateau arrêté, le vent apparent est identique
au vent réel.
- Lorsque le bateau avance, le vent vitesse modifie le vent apparent.
Ce dernier devient plus intense et refuse (se rapproche de
l’avant du bateau).
II- Applications
A- Le bateau accélère ou ralentit
- Ce catamaran fait route au travers (vent réel), mais ressent un
vent apparent de près, il est donc réglé au près.
- Si le bateau accélère, le vent apparent refuse(se
rapproche de l’avant) et s’intensifie.
Il faut donc soit border les voiles pour conserver le cap,
soit abattre pour conserver le même réglage.
Circonstances :descente d’une vague, courant
favorable, mer plus plate, bateau mieux réglé.
- Si le bateau ralentit, le vent apparent adonne
(s’écarte de l’avant) et diminue.
Il faut donc soit choquer les voiles pour conserver le cap,
soit profiter de l’occasion pour lofer.
Circonstances : montée d’une vague, mer plus formée,
courant défavorable, toute anomalie dans le fonctionnement du
bateau.
B- Le vent réel augmente ou diminue
- Bateau faisant route au travers (VR), réglé au près (VA)
- Si le vent réel augmente, le vent apparent adonne et
s’intensifie.
- Si le vent réel diminue, le vent apparent refuse et
diminue.
C- Le vrillage de la GV
Deux causes convergent :
- En hauteur, le vent réel est plus fort qu’à la surface de l’eau. De ce fait,
le vent apparent adonne et est plus intense (cf. paragraphe précédent).
- En bas de la GV uniquement, la présence du foc crée un effet Ventury,
si bien que le vent apparent refuse ( [Voir pour cela le cours 8-Ecoulement laminaire de l'air sur les voiles] ).
Il en résulte que la
voile doit donc être plus ouverte en haut (2) qu’en bas (1).
C’est
naturellement le cas, le palan se situant en bas de la GV. Ce vrillage de la
voile peut de surcroît être paramétré par le réglage du chariot par rapport
au palan.
Nous
avons représenté ci-dessus des bateaux naviguant au vent arrière (1) et au
largue (2 et 3).
- Dans le premier cas, le vent apparent est affecté par le
déplacement du bateau, qui génère un vent vitesse de sens opposé
(1). Le vent arrière est donc peu recommandé. On lui préfèrera le
largue.
- Au largue au contraire (2), le vent apparent est peu diminué et
prend une orientation intéressante du point de vue strictement
aérodynamique (la voile tirera meilleur parti d’un vent se
rapprochant du travers). Cependant, les bateaux que nous avons
représentés filent ici à la même vitesse. En réalité, la vitesse
au largue augmentera rapidement, augmentant cette fois le vent
apparent (3). On peut même, sur eau plate se retrouver au petit largue en
vent apparent. C’est une allure très performante. (Dans cet ordre d'idée, la légende raconte qu'en partant du près et en abattant progressivement tout en gardant un vent apparent au près, certains ont pu empanner par mégarde...)
En
règle générale, il sera plus intéressant de tirer deux bords de largue que
de suivre un bord de vent arrière (« gain sous le vent »).
Des arguments aérodynamiques viendront consolider cette affirmation plus tard.
NB : Cette stratégie n’est adaptée ni au très petit temps, ni aux catamarans de débutants.
1- Principes
De la même manière, le courant présent sur le plan d'eau s'ajoute au déplacement du bateau. On peut ainsi désigner un "vent courant", strictement opposé au mouvement imprimé par le courant. Ce vent s'ajoute aux vents vitesse et réel pour former un "vent apparent courant" (le mot "courant" indique que le courant a été pris en compte).
Dans l'esprit du théorème de Chasles je vous soumets cette formule "maison" : le vent apparent courant (déplacement de l'air par rapport au bateau) est la somme vectorielle du vent réel (déplacement de l'air par rapport au sol), du vent courant (déplacement du sol par rapport à l'eau, donc opposé au courant) et du vent vitesse (déplacement de l'eau par rapport au bateau, donc opposé à la vitesse).
Il serait déplacé de théoriser en recensant tous les cas, car les effets du courant dépendent de la vitesse et de la direction du courant par rapport à celles du bateau, de son allure. Il faut donc se représenter cela au cas par cas.
Les variations du courant ont plusieurs effets :
- la direction mais surtout la puissance du vent apparent peut
considérablement changer, ayant pour effet :
- des dessalages surprise de toute une escadre
- à l'inverse le "scotchage" (vent apparent nul)
- ou la perte totale des repères de réglage de voiles
- Le calcul des cadres dans le gain sous le vent ou au vent doit tenir
compte de cet élément.
Dans tous les cas, lorsque vous réaliserez le schéma, veillez à dessiner d'abord vent réel et vent courant (car ils sont fixés) et ensuite le vent vitesse (car il dépendra des deux précédents) afin de déduire le vent apparent.
2- Deux exemples caricaturaux
a- courant dans le sens du vent = ballotage
Dans ce premier exemple, un bateau qui navigait au bon plein (donc au près en vent apparent) n'est plus abrité et est soumis à un courant allant dans la même direction que le vent : le vent apparent courant diminue et refuse. Je vous laisse imaginer la même situation en vent arrière : le bateau est emmené, privé de propulsion, par le courant, avec des risques d'empannage récidivant et variant selon l'intensité du courant (ils ne seront de toute façon pas violents mais perturbants).
Dans ce second exemple, le courant vient contre le vent, si bien que le vent apparent adonne et augmente considérablement ! En escadre, un moniteur confronté à cette situation risque d'avoir à gérer plusieurs dessalages simultanés.
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